un journaliste doit toujours avoir en tête une charte graphique à respecter.
Les caractères
Vu les énormes possibilités qu’offre Internet, nous pourrions être tentés d’utiliser différentes polices, différentes graisses, différentes tailles, juste " pour faire joli ". Cette façon de faire est une erreur.
En effet, le visiteur pensera que le changement de police, de graisse,… indique un lien, un élément interactif et se sentira frustré. Un débat oppose les partisans de l’utilisation de police avec ou sans empâtement.
Ceci est une police sans empâtement (Arial)
Ceci est une police avec empâtement (Times)
Selon certains experts, le transfert de polices conçues pour l’édition papier vers les supports électroniques n’est pas toujours approprié à la lecture sur écran.
Si l’on considère le cas du Times, celui-ci s’avère mal adapté à la lecture électronique, bien qu’il offre un standard très convenable au niveau de l’impression papier.
Il ne faut pas oublier que les premières polices disponibles sur ordinateurs ont été conçues en vue de l’impression, plutôt que pour la lecture sur moniteurs, dont la résolution est trop faible pour permettre une discrimination optimale (à titre indicatif, un magazine offre une résolution de 1200 dpi ou " points par pouce ", soit une définition graphique sans commune mesure avec celles des écrans (+ /- 300 dpi) (Barrier)
En réalité, chaque style de polices a ses avantages et autant d’inconvénients.
En fait, de nombreux lecteurs manifestent une préférence visuo- esthétique pour telle police et il n’est pas à exclure que l’accommodation oculaire optimum s’effectue en fonction d’un pattern graphique " incorporé ", de la même manière que certaines écritures manuscrites nous deviennent, par habituation, familières (Barrier).
Nous privilégions cependant les écritures sans empâtement car celles-ci se lisent mieux de loin (donc sur écran) même si elles ralentissent la lecture. Nos textes étant assez courts, cet inconvénient n’est pas gênant.
Les logos, boutons,…
De nombreux sites utilisent trop de différents graphismes pour leurs boutons,… Il n’y a aucune harmonie, aucun rapport entre les éléments graphiques constituants. Pourtant, ce sont ces éléments (boutons, contour de la page,…) qui vont attirer en premier lieu le regard du visiteur et le " rassurer ". Le lecteur doit se sentir à l’aise, retrouver des éléments récurrents ou " de rappel ".
Les éléments de rappel doivent être rigoureusement identiques du point de vue de leur forme, de leur taille, couleur, texture,…
En effet, nous retrouverons tout au long du site, les mêmes éléments de rappel. Certains pourraient évoquer la crainte de la lassitude.
Lorsque nous parlons d’éléments de rappel, nous ne voulons pas dire que tout le site doit être semblable page après page.
L’originalité doit venir des photos, de la qualité des animations interactives et non pas d’un environnement changeant à chaque " clic ".
Sur le plan de l’expression, la mise en page d’un document est pour ainsi dire à l’écrit ce que le geste est à la parole. On sait que le langage verbal s’accompagne de mimiques, d’intonations et d’expressions corporelles qui permettent d’attribuer une certaine intentionnalité aux énoncés verbaux. De façon similaire, les choix stylistiques de typographie et de mise en page permettent de hiérarchiser des parties du texte, de mettre en relief certaines unités d’information, de minimiser la valence d’autres éléments, voire même d’assigner une certaine humeur ou sensibilité au message graphique : formalisme, ludisme, urgence…
C’est pourquoi nous insistons sur cet aspect plus graphique, ergonomique de l’écriture en ligne mais que nous considérons également important car c’est finalement cette mise en page cohérente par rapport au public comme au message qui mettra en valeur notre texte. C’est pourquoi, un journaliste doit toujours avoir en tête une charte graphique à respecter. Ca permettra d’éviter les fautes de cohérence mais aussi les longs " pavés " de texte sans aucune recherche graphique.