Lire sur Internet
 Lire sur Internet
il est essentiel de se pencher sur la façon dont lisent les surfeurs sur Internet.
Nous nous baserons pour cette partie sur trois études: deux de l’omniprésent Jakob Nielsen, Why Web users scan Instead of read, (1997) et Reading on the web (1997) et une de Steve Outing, Writing for the web (2000). Le bouquin de Guy Barrier, Internet, clefs pour la lisibilité, résume également différentes recherches effectuées entre autres par la NASA.

Les surfeurs lisent 25% moins rapidement sur un écran que sur papier, affirment les deux auteurs (Nielsen, 1997 et Outing, 2000). C’est pourquoi les deux auteurs donnent comme conseil essentiel d’écrire court.
Jakob Nielsen va plus loin encore. A la question " how users read on the web ? ", il répond
" they don’t " (Nielsen, 1997).

Pour Nielsen, les visiteurs d’un site ne lisent pas mot par mot mais "scannent " la page.

Nielsen parle de " scannability ".On peut traduire ce néologisme en se référant au mot " scan " dont un des sens signifie : " feuilleter, parcourir du regard ". " Scanner " un texte revient dès lors à le parcourir des yeux. Des études montrent que la lecture sur écran se fait en diagonale et non de manière linéaire.

Guy Barrier rajoute que sachant cela, le concepteur de " pages-écran " doit garder pour principe qu’une page est toujours perçue de manière globale par le destinataire, avant d’être lue dans le détail (Barrier, 2000).

Il importe également de noter que les visiteurs détestent le style " marketing " comme on en retrouve sur certains sites avec d’énormes lettres clignotantes, par exemple, qui annoncent que le site est " le meilleur ",…C’est un genre d’écriture, il faut le dire, que l’on retrouve essentiellement sur les sites " légers à destination d’un public averti".

Dans son autre étude, Why web users scan instead read (Nielsen, 1997a,whyscanning.html),
Nielsen insiste sur quatre points qui, selon lui, expliquent pourquoi l’utilisateur " scanne " :

1. Lire sur un écran est fatigant : il rappelle la notion de 25% moins rapidement et pronostique que pour 2003-2005, ces problèmes seront résolus grâce aux progrès de la technologie avec de nouvelles normes d’écran.

2. Internet est un média " existant par l’utilisateur " (user-driven medium) : l’utilisateur doit se sentir actif. Il aime diriger ses recherches et sentir qu’il est maître de son temps. De plus, dans le cadre de la lecture sur un écran d’ordinateur, la lecture s’effectue selon un flux relativement continu où les retours en arrière sont moins fréquents et où la vision périphérique intervient moins aisément et plus rarement que dans le cadre d’une lecture papier (Barrier, 2000).

3. Chaque page est complétée par des centaines de millions d’autres pages : Pages qui sont sensées pouvoir intéresser l’utilisateur. Ce dernier aura donc le réflexe d’ouvrir plusieurs pages simultanément et au lieu de tout lire préférera " picorer " à gauche et à droite les informations dont il a besoin.

4. La vie moderne est très mouvementée : les gens ne peuvent et ne veulent pas perdre trop de temps pour trouver leurs informations. Comme le disait un des " testeurs " de Nielsen : " Si la page est trop longue à lire, je risque de ne pas aller à la fin et d’abandonne ". (Nielsen, 1997)